Les carnets de la Chimère

vendredi 29 août

La chimère ouvre un nouveau chapitre pour nous conter ses spectacles du jour, en remontant le temps en 1978 de la Famille Goldini à Moëlan-sur-Mer, avant de suivre à Rédéné, la compagnie Kiroul pour une création au goûts des JOURS.


1978, psychonomie

Hugo arrive, se présente et explique que nous allons assister à une « psychonomie », mot étrange qui nous le verrons, mêlera psychologie et économie !

 

1978 correspond à l’année de sa naissance. C’est un point de repère. Il nous offre alors un seul-en-scène économico-biographique. Alors on reprend tout depuis le début : biberons, chocs pétroliers, Mitterrand, son vélo tout bleu, le collège, Bernard Arnault, Thatcher et Reagan, les crises économiques et … ses crises à lui.  Tout au long de son propos, il nous partage des fragments d’histoire, des objets insolites, des anecdotes qui font sourire et réfléchir. Il danse avec ses souvenirs, jongle avec les mots comme il jongle avec ses balles, fait rire et trembler tout à la fois. Pas de nostalgie figée, mais un cabaret de mémoire où jonglage, théâtre et chansons se mêlent.

Avec lui, les spectateurs partagent les souvenirs qu’il sort d’une vieille malle. Des objets, des récits, des musiques : Un Minitel, des disques 33 tours, des chansonnettes pour enfants … Les spectateurs se laissent embarquer, tantôt émus, tantôt hilares, toujours complices. Ses moments de vie deviennent les leurs.

Fort d’une maîtrise d’économie, Hugo décortique avec punch et anecdotes savoureuses le chaos du monde ! Il nous plonge dans les crises financières, la politique, le libéralisme liberticide, le marché monétaire tout en nous faisant avaler les chiffres sans difficultés. Il renvoie à la vie de chacun des spectateurs. C’est économiquement juste et cela fait froid dans le dos !

Moi, la Chimère, créature sans âge, je n’ai pas de mémoire propre : je vis dans les histoires qu’on me donne et ici je découvre comment la vie économique peut impacter une vie simple d’être humain : j’ai senti le goût des chansons populaires, des manifs étudiantes, des rêves de jeunesse et des colères d’autrefois. 

Les applaudissements ont roulé comme une marée montante, j’ai vite replongé dans mes Rias, le cœur allégé et les écailles pleines d’histoires. Et je me suis dit : tant qu’il y aura des hommes pour raconter, tant qu’il y aura des spectateurs pour écouter, je continuerai à sortir de mes eaux pour me laisser traverser par ces instants de théâtre, où la mémoire devient vivante.


JOURS, rapport de stage !

Je suis toute retournée, j’ai l’impression d’avoir une tête d’hippocampe et un corps de héron tant le spectacle m’a tourneboulée. C’est ahurissant, décoiffant, foldingo, jubilatoire...

 

Je n’ai pas l’habitude de commencer par la fin mais, ce matin, je passe par toutes les phases : de l’incompréhension au rire et même au fou rire, de la réalité à l’irréalité, du doute à la certitude que je ne rêve pas ... 

La météo elle-même ne sait plus où elle est : il fait gris, il vente, il pleuviote, il pleut mais l’astre solaire finit par s’inviter à la prestation pour la rendre plus belle. 

Les scènes s’enchaînent, durant ce "stage" et non spectacle précise la présentatrice. Il est intitulé "Joie et liberté" dans la communauté "En permanence".

Les acteurs, mais sont-ce vraiment des acteurs ou des personnes invitées du public, nous présentent des situations abracabrantesques et hilarantes, tout est tellement inattendu.

Ces personnages se succèdent : un mec relou, une vieille dame infirme, un motard, une vigile, un animateur-animal de stage de bien-être, un vieil homme en robe de soirée rouge, un syndicaliste, des activistes, des stagiaires... je ne m’y retrouve plus mais ils sont tous attachants.

J’entends du Goldmann, du Dorothée, du Piaf, du Beethoven, y a-t-il un lien ? 

Les propos sont variés : "la joie est perméable, elle se propage comme un virus", "c’est l’amour qui fait bouger le soleil et les étoiles" , "courez vers le futur qui vous désire" ... de quoi se perdre je vous le dis ! 

Un acteur n’hésite pas à dire : "On ne comprend rien, y’a aucun cadre" 

Eh bien, personnellement je m’en fous du cadre, je me laisse emportée par la folie, par l’humour. 

C’est plus inimaginable que ce que j’avais imaginé ! 

Le public est debout quand les acteurs, ceux d’un jour et ceux de la compagnie ainsi que les enfants invités sur scène saluent. OVATION ! 

Ma tête, celle du héron ou celle de l’hippocampe allez savoir, remplie de JOIE (Merci Kiroul, stage validé), je file vers une autre aventure.